L’union fait la force

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Petite pluie de novembre, bien que nous ne soyons pas en novembre… Seulement 3°C ce matin. Pour une fois, j’avais mis un réveil. Je ne voulais pas manquer ça. Il est rare que je lève les enfants le matin, sauf pour une occasion spéciale. Et ce matin, c’est une occasion spéciale.

Nous allons manifester pour notre droit à la liberté éducative.

Il y a deux bonnes heures de routes depuis la maison. Je n’ai même pas eu besoin de réveiller les enfants finalement. Ils se sont levés d’eux-mêmes. Pendant qu’ils déjeunaient, j’ai terminé de rassembler nos pancartes, quelques affaires pour la journée, un lunch pour tout le monde.

Sur le trajet, les enfants sont enthousiastes et me posent encore quelques questions.

“- Il y aura qui là-bas, maman?
– Beaucoup de familles comme nous, mon coeur.
– Des familles qui font du unschooling?
– Oui, des familles en unschooling et en école-maison.”

Le temps n’est pas avec nous. Je suis concentrée sur la route et les essuies-glace qui balayent le pare-brise comme pour chasser ma tristesse du jour. Il y aurait tant d’autres choses à faire aujourd’hui! Malgré tout, cette journée est une belle occasion de transmettre nos valeurs et de faire un peu d’instruction civique!

Qui est donc ce ministre qui dicte ses lois?

Comment les lois sont-elles votées? Par qui? Pour qui? Pourquoi?

Une question qui sera admirablement soulevée par Thierry Pardo lors de son discours devant les bureaux du Ministre à Chambly, où nous nous rendons!

Le chemin semble long et nous arrivons parmi les premiers. La place est encore quasi déserte. Nous profitons de ce moment pour faire le tour, manger un morceau et discuter avec les quelques amis déjà présents.

Et puis l’espace se remplit petit à petit, de plus en plus. Le mouvement prend forme, avec les organisateurs, les leaders. Nous nous armons de la seule chose que nous avons: notre solidarité, nos convictions. Qui avec des pancartes, qui avec un porte-voix. Lorsque je me retourne, je m’aperçois que nous sommes pas loin de 200 personnes, avec une majorité d’enfants! C’est impressionnant, et tellement beau de voir cette force d’expression! Les pancartes envoient des messages clairs:

“Oui à la Liberté éducative!”, “There are many ways to learn!”, “Les programmes, c’est pour les robots!”, “L’éducation relève du droit des parents!”…

Je peux sentir l’énergie qui se dégage de tout ce beau monde. C’est de cette énergie dont j’avais tellement besoin ces derniers temps! Sentir que je ne suis pas seule à vivre cette injustice, sentir que nous sommes unis dans un même combat contre la standardisation et la désinformation. Sentir que ce mouvement devrait être planétaire, car nous ne défendons pas seulement ce droit pour nous-même mais pour toutes les familles à travers le monde. Les choses doivent changer! Nous sommes plus nombreux que nous le pensons et ce n’est pas être idéaliste. Une prise de conscience est en train de se faire et cela prend des actions!

À mesure que nous scandons “Liberté!” et brandissons nos pancartes, l’atmosphère se réchauffe et les convictions se renforcent. Je n’avais plus ressenti cela depuis longtemps: faire partie d’une famille plus grande que la mienne. Plusieurs personnes interviennent au porte-voix pour s’adresser au Ministre de l’éducation. Thierry Pardo en fait partie avec d’autres personnes très inspirantes. Cela ravive nos forces, nous encourage à garder nos pancartes levées malgré les mains gelées.

Et puis… trois de ces personnes influentes sont invitées à rencontrer le ministre. On peut enfin discuter. Dehors, nous continuons notre combat. Les passants nous encouragent à coups de klaxon. Certains s’arrêtent même pour s’informer.

Après deux bonnes heures, le Ministre sort enfin de sa tanière, accompagné de nos “leaders”. La foule se resserre, la masse se compresse en criant, en sifflant, en applaudissant et en hurlant “Liberté!”. L’énergie monte, se soulève. Quel moment intense!

Puis, nous cherchons à savoir. Qu’en est-il? Que s’est-il passé dans ces bureaux? Avons-nous réussi à faire passer notre message, à rétablir une vérité déformée par les médias ces dernières semaines? Le Ministre va-t-il repenser son projet de règlement vis-à-vis de l’instruction en famille?

Nous restons dans l’expectative, le doute. La rencontre semble s’être bien déroulée. Mais le Ministre reste un homme politique. Et les hommes politiques, on le sait, sont de peu de foi…

Lentement, le groupe se disperse, chacun reprend le chemin de sa maison, au nord, au sud, à l’est, à l’ouest…

Nous sommes les quatre points cardinaux. Nous sommes le monde. Et le monde est notre école.

Sur la route du retour, les enfants s’endorment, épuisés de tout ce combat.

Remplie de cette journée, mais vidée, je regarde la route qui défile devant moi et les gouttes de pluie qui, au fur et à mesure, se transforment en flocons. Il y a des choses qui ne changent pas, et il y en a d’autres qui demandent à se mettre en mouvement.

 

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